“Je ne comprends plus… il explose pour rien.”
Une chaussette qui gêne. Un “non” pour éteindre la télé. Un devoir un peu difficile. Et tout déborde. Cris, pleurs, colère, agitation…
Et vous, parent, vous oscillez entre fatigue, doute et culpabilité.
On vous a peut-être dit : “Il teste.” ; “Elle fait des caprices.” ; “Il faut être plus ferme.”
…et si son corps essayait simplement de dire quelque chose qu’il ne sait pas exprimer autrement ?
Avant de parler de ses émotions, l’enfant les vit dans son corps
Le cerveau qui permet de se calmer seul, relativiser et réfléchir n’est pas encore mature chez l’enfant.
En revanche, son système émotionnel et nerveux est très actif. Quand quelque chose le dépasse, cela s’exprime via son corps : agitation, cris, opposition, pleurs…
Ce n’est pas un choix. C’est un système nerveux débordé.
Le comportement n’est pas le problème, c’est souvent une solution
Un enfant ne cherche pas à compliquer la vie de ses parents.
Il essaie de décharger une tension, de retrouver de la sécurité, de gérer une émotion trop grande…
Autrement dit, son comportement est une stratégie d’adaptation.
Ce que vous voyez… et ce que le corps essaie peut-être de dire
“Il ne tient pas en place” = Il bouge, se balance, se lève sans arrêt.
Cela veut dire “Je n’arrive pas à me sentir stable à l’intérieur. » Et bouger est une tentative pour se réguler.
“Il se met en colère pour un rien” La réaction semble disproportionnée mais il nous exprime :“Je suis déjà plein à ras bord.”et la colère est souvent une décharge d’un trop-plein.
“Il me colle tout le temps” signifie “J’ai besoin de sécurité avant de pouvoir m’éloigner.”
Le contact est un régulateur, pas un caprice.
“Il pleure pour des détails comme les vêtements, un changement imprévu”
Son seuil de tolérance est plus bas et tout devient trop difficile à gérer.
“Il décroche à l’école” ou semble ailleurs et peu concentré. En fait, son cerveau passe en mode survie, et ne peut pas apprendre : “Je ne me sens pas assez en sécurité pour apprendre.”
Et les réflexes archaïques ?
Quand certains réflexes archaïques restent actifs, le corps peut rester en alerte interne. Cela peut nourrir une agitation, une hypersensibilité, des difficultés de concentration, des réactions émotionnelles intenses… L’enfant ne sur-réagit pas exprès : son système nerveux fonctionne comme s’il y avait un danger.
Le rôle du parent : corriger ou aider à réguler ?
La question devient moins : “Comment le faire obéir ?”mais plutôt “Comment l’aider à se sentir en sécurité dans son corps ?”
La présence calme, le contact, le mouvement, le jeu corporel, le fait de nommer ce qu’il vit… tout cela aide son système nerveux à revenir à l’équilibre. Vous régulez avec lui. Quand le corps se sent en sécurité, le comportement change. En soutenant le corps (réflexes archaïques, régulation émotionnelle, sécurité relationnelle), on observe souvent plus d’apaisement, moins de crises et plus de coopération.
Et si, la prochaine fois qu’il déborde, vous vous demandiez : “Qu’est-ce que son corps essaie de me dire ?”